Dossier ENGIE
Gaz naturel : d'où vient-il et ce qu'il faut savoir sur cette source d'énergie
Naturel ou vert ? Importé de l’étranger ou produit localement ? Savez-vous d’où vient le gaz consommé en France ? Et quelle est la différence entre gaz vert et gaz naturel ?
Tour d’horizon de l’origine du gaz, de la production du renouvelable et des perspectives du biogaz français.
Résumé de l'article
- Le gaz naturel est une énergie fossile, majoritairement importée (États-Unis, Norvège, Algérie…), extraite de gisements souterrains ou marins, et composée à plus de 90 % de méthane.
- Le gaz vert, ou biométhane, est un gaz 100 % renouvelable, produit localement à partir de déchets agricoles ou alimentaires via la méthanisation.
- En 2024, la France a produit 12 TWh de biométhane (contre 9 TWh en 2023), avec 731 sites d'injection raccordés au réseau et 972 projets supplémentaires en développement.
- ENGIE est un acteur clé du développement du biométhane, avec 650 GWh/an déjà produits et un objectif de 10 TWh/an d’ici 2030 en Europe.
- Le gaz vert permet de réduire jusqu’à 81 % les émissions de CO₂ par rapport au gaz naturel, sans changer d’équipement ni de confort pour les consommateurs.
D’où vient vraiment le gaz que nous utilisons au quotidien pour nous chauffer ou cuisiner ? Longtemps dominée par le gaz naturel fossile, la consommation française évolue avec l’essor d’une alternative plus locale et durable : le gaz vert. Entre importations et production renouvelable, comment le mix énergétique se transforme-t-il ? Nos réponses.
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Le gaz naturel est une énergie fossile non renouvelable naturellement présente dans les profondeurs du sol. Provenant de la décomposition de matières organiques enfouies sous les roches ou les fonds marins depuis des millions d’années, il est composé à plus de 90 % de méthane. Invisible et inodore à l’état naturel, le gaz naturel est additionné d’une odeur caractéristique avant sa distribution, ce qui vous permet de détecter immédiatement toute fuite éventuelle.
Souvent associé aux gisements de pétrole, il est extrait via des forages terrestres ou offshore, puis traité pour éliminer les impuretés. Il est ensuite acheminé des pays producteurs aux pays consommateurs via des gazoducs (l’option la plus répandue) ou des méthaniers. L’approvisionnement de la France est, par exemple, garanti par ces deux méthodes, avec quatre terminaux méthaniers actifs sur le territoire métropolitain.
D’où provient le gaz naturel utilisé en France ?
L’approvisionnement en gaz naturel de la France a beaucoup évolué ces dernières années, la guerre en Ukraine, notamment, bouleversant les circuits traditionnels. À l’image de nombreux pays européens, la France a ainsi fortement réduit sa dépendance au gaz russe et diversifié ses sources d’importation.
Les circuits d'approvisionnement se sont profondément recomposés ces dernières années. Si les États-Unis étaient devenus le premier fournisseur de la France en 2022-2023, la Norvège a repris la première place en 2024, portée par les livraisons par gazoduc. Les principaux fournisseurs de la France en 2024 sont :
- la Norvège (40%),
- les États-Unis (21%),
la Russie (18%),
- l’Algérie (11%),
Source : SDES édition 2025
En 2024, les importations françaises de gaz naturel se sont établies à 481 TWh PCS, en baisse de 9,7 % par rapport à 2023 (qui s'élevait elle-même à 532 TWh PCS). Cette diminution s'explique par une moindre sollicitation des centrales thermiques à gaz et par d'importants soutirages dans les stockages. Les importations de GNL (gaz naturel liquéfié), bien que toujours majoritaires (57 % du total), ont reculé de 13,3 % en un an. La part du gaz russe, encore à 18 % en 2024, a probablement continué à diminuer depuis. La Commission européenne s'est d'ailleurs engagée à cesser toute importation de gaz russe à l'horizon 2027.
Source : SDES édition 2025
Où se trouvent les gisements de gaz naturel ?
Les deux tiers des réserves mondiales de gaz naturel sont concentrés en Russie qui possède 20 % des réserves à elle seule et au Moyen-Orient (Iran, Qatar, etc.) où se trouvent environ 40 % des gisements. On trouve environ 10 % des réserves en Amérique du Nord (Mexique inclus). Il y a également des gisements au Nigéria et en Afrique du Nord (principalement en Algérie et en Égypte). En Europe de l'Ouest, c'est dans la Mer du Nord et plus précisément dans les eaux de la Norvège que l'on trouve du gaz.
Le gaz naturel peut-il être stocké ?
Oui, le gaz naturel peut être stocké en grande quantité, et c’est même indispensable pour garantir la sécurité d’approvisionnement de la France. Le pays dispose de sites de stockage souterrains, principalement des nappes aquifères et des cavités salines, répartis sur le territoire. Ces réserves permettent d’accumuler du gaz pendant les mois de faible consommation (au printemps et en été) pour le restituer en hiver, lorsque la demande de chauffage explose.
La France compte actuellement 15 sites de stockage souterrains, exploités par deux opérateurs : Storengy (13 sites : nappes aquifères, cavités salines et gisement épuisé) et Teréga (2 sites en nappes aquifères) pour une capacité totale d’environ 130 TWh. Ce volume représente plusieurs semaines de consommation nationale et joue un rôle stratégique en cas de vague de froid exceptionnelle ou de perturbation des importations. La loi impose d’ailleurs un niveau minimum de remplissage des stocks avant chaque hiver.
Le gaz naturel peut également être stocké sous forme liquéfiée (GNL) dans les terminaux méthaniers. Refroidi à -162 °C, il occupe alors 600 fois moins de volume qu’à l’état gazeux, ce qui facilite son transport par navire depuis les pays producteurs éloignés comme les États-Unis ou le Qatar.
Comment le gaz naturel est-il acheminé jusqu’à votre logement ?
Une fois extrait de son gisement, le gaz naturel parcourt un long chemin avant d’arriver dans votre cuisine ou votre chaudière. Ce trajet implique plusieurs infrastructures complémentaires, du puits d’extraction jusqu’à votre compteur.
Acheminement jusqu’au réseau de transport
Le gaz naturel est d’abord transporté depuis les pays producteurs vers la France par deux voies principales.
Les gazoducs
Les gazoducs sont des canalisations enterrées à haute pression. Ils acheminent le gaz directement depuis la Norvège, les Pays-Bas ou l’Algérie. Pour cette dernière des gazoducs traversent la méditerranée et le détroit de Gibraltar.
Un gazoduc partant du Nigéria, traversant le Niger puis le désert du Sahara avant de rejoindre les côtes algériennes et enfin l’Europe est également en construction. À terme ce Gazoduc trans-saharien sera long de plus de 4 800 Km. Il devrait entrer en service en 2027.
Les méthaniers
Le GNL (gaz naturel liquéfié), quant à lui, arrive par bateau. Appelés méthaniers, ils accostent dans l’un des cinq terminaux français : Montoir-de-Bretagne, Fos Tonkin, Fos Cavaou et Dunkerque et le Havre (ce dernier, un terminal flottant « FSRU », a été mis en service en octobre 2023), où il est regazéifié avant d’être injecté dans le réseau.
Une fois sur le territoire, le gaz circule de nouveau dans les gazoducs constituant le réseau de transport, géré par NaTran (anciennement GRTgaz, pour plus de 32 500 km de réseau) et Teréga (5 100 km dans le Sud-Ouest). Ce réseau haute pression s’étend sur plus de 32 000 km de canalisations et relie les points d’entrée (terminaux méthaniers, interconnexions frontalières) aux sites de stockage et aux postes de livraison qui alimentent les réseaux locaux de distribution.
Le réseau de distribution jusqu’à votre logement
À la sortie du réseau de transport, le gaz passe par des postes de détente qui abaissent sa pression avant de l’injecter dans le réseau de distribution. Ce réseau moyenne et basse pression, géré par GRDF sur 96 % du territoire, dessert directement les logements, les commerces et les petites industries. Il représente environ 200 000 km de canalisations.
C’est à ce stade que le gaz reçoit son odeur caractéristique (le THT, ou tétrahydrothiophène), indétectable à l’état naturel. Cette odorisation est une mesure de sécurité obligatoire qui permet de repérer immédiatement toute fuite.
Le gaz arrive ensuite chez vous via un branchement individuel relié à votre compteur gaz. GRDF installe et entretient ce compteur, qui mesure votre consommation en mètres cubes. Il est important de noter que GRDF gère l’infrastructure (le réseau physique), tandis que votre fournisseur d’énergie assure la commercialisation du gaz et la facturation. Le gaz qui arrive chez vous est donc rigoureusement identique, quel que soit le contrat de gaz souscrit auprès de votre fournisseur.
Gaz naturel vs gaz vert : quelles différences ?
Si le gaz naturel et le gaz vert (biométhane) sont tous deux composés de méthane et parfaitement interchangeables dans vos équipements, leur origine et leur impact environnemental sont radicalement différents. Le gaz naturel est une énergie fossile, extraite de gisements souterrains formés il y a des millions d’années et importée en totalité de l’étranger.
Le gaz vert, en revanche, est produit localement en France à partir de la méthanisation de déchets organiques : résidus agricoles, boues de stations d’épuration, déchets alimentaires. Il s’agit d’une énergie renouvelable et circulaire.
Sur le plan environnemental, l’écart est considérable : le gaz vert émet jusqu’à 5 fois moins de CO₂ que le gaz naturel sur l’ensemble de son cycle de vie. En effet, le CO₂ libéré lors de sa combustion est compensé par celui absorbé par les matières organiques pendant leur croissance. Cela en fait une énergie à bilan carbone faible comparé au gaz naturel qui, lui, rejette du carbone fossile qui s’ajoute au stock atmosphérique.
Autre différence majeure : la dimension locale. Alors que le gaz naturel dépend d’importations et d’infrastructures lourdes (gazoducs, terminaux méthaniers), le gaz vert est produit sur le territoire français dans plus de 650 unités de méthanisation. Cette production locale soutient l’économie agricole, réduit la dépendance énergétique de la France et valorise des déchets qui seraient autrement enfouis ou incinérés. ENGIE, acteur majeur de cette transition, produit déjà 650 GWh/an de biométhane en France et vise 10 TWh par an en Europe d’ici 2030.
Gaz naturel et gaz vert : quelles utilisations au quotidien ?
Bonne nouvelle ! Quelle que soit l’origine du gaz, qu’il soit naturel ou vert, les usages restent les mêmes.
Ainsi, si vous disposez déjà d’une chaudière gaz pour vous chauffer ou produire de l’eau chaude sanitaire, vous pouvez passer au gaz vert sans rien changer à votre installation. Il est ainsi possible de profiter, avec du gaz vert, de la même chaleur douce et homogène et de la fiabilité associée au chauffage gaz. Parallèlement, vous pourrez continuer à utiliser du gaz vert pour la cuisson. Facile à maîtriser et précis, c’est le choix que privilégient de nombreux chefs.
La vraie différence entre gaz naturel et gaz vert ne se joue donc pas sur les usages, mais sur les émissions de CO₂. Le gaz vert, issu de la méthanisation, permet de réduire jusqu’à 81 % les émissions par rapport au gaz fossile. Une solution concrète pour accélérer la transition énergétique, sans renoncer au confort.